31
mai
12

L’importance de la lecture

L'importance de la lecture

J’avais envie de partager avec vous!

29
mai
12

Edgar Allan Poe: the complete stories

J’avais lu, il y a une dizaine d’années, histoires grotesques et sérieuses d’Edgar Allan Poe. Était-ce dans le préface de ce livre? ou peut-être était-ce une personne de mon entourage?  je ne sais plus, mais on m’avait donné à croire que la traduction française par nul autre que Baudelaire, éclipsait la version originale par sa qualité littéraire. Nul doute que cette traduction est remarquable, cependant, cette conception est injuste envers Poe, qui est lui aussi un génie littéraire, j’ai pu le constater.

The complete stories, issu d’une édition généreuse (Everyman’s Library) regroupe toutes les nouvelles de Poe ainsi que son unique roman, seul ses poèmes sont exclus.

Poe avait un style tout à fait particulier, privilégiant le format court, et concentrant le récit autour d’un seul thème, lui donnant tout l’élan possible, avec toujours un narrateur à la première personne.

The Red Death says: “C’est combien le vestiaire?”

Si de nos jours Poe est reconnu comme un pionnier de la littérature moderne, en particulier du genre de l’horreur, ayant grandement influencé Lovecraft, Stephen King et une panoplie d’autres auteurs, il est étonnant à quel point il y a peu de surnaturel dans son oeuvre. Grossièrement, il y a ses nouvelles “sérieuses” où il y a une impression de surnaturel, qui est la plupart du temps démentie à la toute fin (pas toujours) et l’on comprend alors qu’elle était due à l’obssession/la folie du narrateur et,  il y a ses nouvelles “grotesques”, où le surnaturel, s’il y en a, n’a pour but que d’alimenter le style homoristique complètement disjoncté de Poe.

Bien plus que l’horreur, c’est véritablement cet humour (noir) qui transcende l’oeuvre de ce “poète maudit” et qui en fait une lecture unique.

En voici un exemple, choisit assez aléatoirement (Never bet the devil your head):

I hurried up to him and found that he had received what might be termed a serious injury. The truth is, he had been deprived of his head, which after a close search I could not find anywhere; – so I determined to take him home and send for the homeopathists.

[...]

He did not long survive his terrible loss. The homeopathists did not give him little enough physic, and what little they did give him he hesitated to take. So in the end he grew worse, and at length died, a lesson to all riotous livers.

J’aime bien ce genre d’humour.

The complete stories, c’est aussi:

  • trois nouvelles avec le personnage Dupin, l’archétype du logicien qui servira de modèle pour Sherlock Holmes et Hercule Poirot et tout ce courant du roman policier
  • plusieurs histoires mélancholiques avec de belles femmes au triste sort
  • des récits qui vont vers l’anticipation ou l’aventure étrange
  • des satyres bien senties
  • du macabre, parfois du macabre comique, ce qui est quand même inusité

En somme, ça vaut la peine d’être lu.

4/5

 

 

21
mai
12

The roving mind

Eh oui, eh oui, une autre lecture asimovienne pour Julie. C’est que, dernièrement, pour me faire une surprise, mon cher mari m’a dégoté un tas de livres relativement rares du bon docteur. Peut-être un peu pour me féliciter d’avoir mis au monde sa progéniture (seriez-vous surpris de découvrir que le fiston porte le prénom d’Isaac?), peut-être aussi juste comme ça, parce qu’il m’apprécie moi et ma splendide intelligence? Peu importe, ce qui compte, c’est que j’ai maintenant entre les mains quelques nouveaux livres à peu près impossible à trouver, ou du moins à un prix raisonnable! Je vous laisse la suprise de les découvrir avec moi au fil des prochaines semaines dans le carnet. Par contre, je réalise à l’instant que le présent volume n’est même pas dans cette cohorte, et qu’en fait il dormait sur mon étagère depuis un bon bout de temps (honte à moi). Anyway, vous verrez bien la suite plus tard!

Ce livre a été originellement édité en 1982. il contient environ une soixantaine d’essais qui ont été publiés dans les années antérieures à sa publication dans des revues aussi diverses que possible: New York Times magazine, TV Guide, SciQuest, Popular Computing, Lifestyle, Horticulture…. Il est divisé en sections qui abordent des sujets tel que: la différence entre la science et la pseudoscience, le créationnisme, la censure, l’explosion démographique, la phobie des technologies, les conséquences sociales des progrès technologiques, le clonage, la possibilité de contacter une vie extraterrestre, et les merveilles de l’univers.

Je commence tout de suite par le défaut de ce livre, ou du moins, ce qui en rend la lecture moins agréable. Comme tous les essais ont été regroupés a posteriori, la répétition est un peu trop présente pour que la lecture soit un délice de tous les instants. Et j’avoue que j’ai (oh! sacrilège) sauté des textes en fin de parcours, comme ça commençait à sérieusement me taper sur les nerfs. Il faut dire que j’avais trop hâte de lire la dernière section, intitulée “Personal” qui contenait une série d’essais traitant de différents aspects de la vie personnelle  de l’auteur. Comme vous le savez, je me délecte toujours de ces anecdotes et une bonne partie de mon intérêt pour lui provient de sa personnalité, qui ressort très fort dans ce genre de texte.

Pour ce qui est de l’ensemble des sujets traités, l’auteur est quelquefois un véritable devin (rappelez-vous que les textes datent d’avant 1982), et quelquefois un peu trop alarmiste (entre autre, il prédit que le pétrole sera déjà une denrée rare à la fin du 20eme siècle), mais dans l’ensemble, c’était un grand anticipateur. Son savoir immense et “général” (il s’intéressait à tout!) y est sûrement pour quelque chose. Il fait aussi des parenthèses assez comiques sur les capacités d’anticipation des écrivains de science-fiction, s’arrêtant sur les meilleures et les pires prédictions.

Certains sujets recoupent d’autres lectures que nous avons abordées dans le blogue, et ça m’a donné le goût d’y revenir:

  • Dans un essai concernant l’avenir des ordinateurs, il parle de la possibilité de créer un programme tellement sophistiqué de dialogue avec un ordinateur qu’un humain pourrait s’y tromper et croire parler à un autre être humain. À ce sujet, voir le texte d’encelade sur The most human human.
  • Dans une nouvelles des veufs noirs, ceux-ci essayaient de savoir qu’elle pouvait être l’oeuvre scientifique de Moriarty (le redoutable adversaire de Sherlock Holmes). Asimov y décapite le mauvais background scientifique de Conan Doyle (bien qu’étant lui-même un grand fan de celui-ci).
  • Beaucoup des arguments utilisés pour discuter de la légimité des sciences et pseudosciences empruntent (ou alors il arrive aux mêmes conclusions) au livre Fads and fallacies in the name of science.

Pour ceux qui adore l’auteur autant que moi, vous allez vous délecter de l’édition de 1997, car elle présente en préface des hommages posthume à Asimov très élogieuses, mais surtout, souvent, très drôle. Quel plaisir ce devait être de cotôyer ce grand homme.

Eh hop! Un autre tag d’Isaac Asimov dans notre carnet….

11
mai
12

retribution falls

Ma réserve de temps libre étant singulièrement tronçonnée depuis l’aggrandissement de la famille avec l’arrivée du ”Petit Glouton”, je suis encore moins indulgent qu’à l’habitude (si c’est possible) envers les livres qui tendent vers le médiocre. J’ai abandonné Retribution falls à la page 130, malgré le genre du livre: steampunk, que je trouve intéressant à priori. Pourquoi si tôt?

Des vaisseaux volants, de la piraterie, de la magie noire, des missions à la Firefly (probablement une source d’inspiration), le tout avait un fort potentiel de divertissement.

Mais c’est léger,  aussi léger que l’aerium qui permet au Ketty Jay de voler. À quoi ressemble le monde fictif dans lequel les personnages naviguent? Aucune idée. Il ya des noms d’endroits, des noms de peuples, mais pas de véritable développement.

Et les personnages, que de clichés! Outre le médecin alcoolique et le pilote timbré, il y a le capitaine dont la principale caractéristique semble être sa facilité à charmer les femmes. D’ailleurs, la seule femme à bord, est trop tomboy pour être belle, ce qui est bien selon le capitaine puisqu’il ne se sent pas obligé de la sauter et que sa présence ne crée pas de dissenssion au sein de l’équipage.

Mal says: “Respecte la femme! 大象爆炸式的拉肚子”

Le tout hurle l’immaturité.

Pour toutes ces raisons, et en particulier la dernière, je balance sans ménagement ce tas de papier dans la catégorie: palmarès des nullités.

1.5/5

Firefly c’est incomparablement meilleur.

05
mai
12

God’s problem

La souffrance, je n’y ai pas goûté récemment mais ma douce moitié a eu droit à une bonne dose il y a quelques jours, lors de son accouchement. Selon la bible, cette souffrance spécifique à la femme est la punition de Dieu, dans sa grande Sagesse (euh… non), pour avoir goûté au fruit défendu. L’homme, quant à lui, doit depuis ce temps travailler pour avoir ce qu’il obtenait auparavant sans efforts. Maintenant que la femme travaille autant, on est en droit de trouver la justice divine légèrement inéquitable.

Le problème avec Dieu est le suivant: Si Dieu est tout-puissant et qu’il est Amour, pourquoi y a t-il de la souffrance?

Pour ma part, je n’ai pas besoin d’être convaincu qu’il y a un problème avec Dieu, je suis athée et j’estime qu’Il n’existe pas. Là où cette lecture m’intéresse c’est que le problème de la souffrance devient un argument parmi tant d’autres pour discréditer la thèse théiste.  Ce n’est pas spécifiquement le but d’Erhman, bien que ce soit cet argument en particulier qui lui a fait perdre la foi. Ce que vise Erhman dans god’s problem c’est, essentiellement, de recenser les différentes  réponses qui se trouvent dans la bible face au problème de la souffrance. Écrites par différents auteurs, sur de nombreux siècles, les réponses peuvent être assez contrastantes (et mutuellement exclusives).

Et comme le mentionne Ehrman, le croyant, de nos jours, a une réponse toute préparée à cette question: la souffrance nous fait grandir.

Ce à quoi répond Ehrman:

Would that it be true, but unfortunately it’s not. A lot of times, what does not kill you completely incapacitates you, mars you for life, ruins your mental or physical well-being – permanently. We should never, in my view, take a glib view of suffering – our own or that of others.

Le croyant pourrait aussi avoir répondu: c’est le libre-arbitre qui cause la souffrance (puisqu’il peut être utilisé à mauvais escient) mais le libre-arbitre est pourtant nécessaire car sans lui nous serions des robots.

Ehrman pare efficacement cet argument bidon en soulevant l’existence des désastres naturels: le tsunami qui a touché le Japon a causé plus de 20 000 morts, celui de 2004 qui à touché l’Indonésie, l’Inde et le Sri Lanka en a fait plus de 200 000 et on ne sait combien de blessés, en plus de causer de graves problèmes pour les survivants délocalisés.  Souvent, les victimes, sont seulement au mauvais endroit au mauvais moment et le libre-arbitre n’a rien à voir là-dedans.

Et le croyant vraiment dogmatique pourrait avoir répondu: la souffrance existe à cause du péché.

Oui, il y a des gens qui pensent comme cela. Personnellement, ça me déprime profondément…

Qu’implique au juste cette corrélation de la souffrance avec le péché? Est-ce que, comme avec les prophètes de l’ancien testament, la souffrance est une punition divine causée par les péchés, pour ramener dans le droit chemin? Ou alors, selon la pensée apocalytique, le règne du mal est en cours, et Dieu laisse aller les choses pour on ne sait quelle raison (les voies de Dieu sont impénétrables et ce genre d’âneries)  mais, un jour (après l’ultime BBQ), il y aura un jugement?

 Ces réponses sont passablement ineptes mais il y a une exception notable et c’est  celle qui se trouve dans Ecclésiastes, voici ce qu’en dit Ehrman:

It is simply something that happens on earth, caused by circumstances we can’t control and for reasons we can’t understand. And what do we do then about it? We avoid it as much as we can, we try to relieve it in others whenever possible, and we go on with life, enjoying our time here on earth as much as we can, until the time comes for us to expire.

Oui, la bible contient quelques bribes de bon sens.

Pour ce qui est de God’s problem, c’est réellement plein de bon sens mais pas tout à fait assez poussé à mon goût.

3.5/5

“How can I believe in God when just last week I got my tongue caught in the roller of an electric typewriter?” (Woody Allen)




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Méga biblio-vente: 1er au 3 juin, Expocité, Québec

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